Sokodé : 36 acteurs de la chaîne de protection renforcent leurs capacités pour une meilleure prise en charge des victimes de VBG

Sokodé : 36 acteurs de la chaîne de protection renforcent leurs capacités pour une meilleure prise en charge des victimes de VBG

Une formation de deux jours organisée dans le cadre du projet « Girls Empowerment » pour améliorer la prévention, l’identification, le référencement et l’accompagnement des survivantes, notamment les adolescentes et les jeunes filles.

Sokodé, 6 octobre 2026 – La lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) franchit une nouvelle étape dans la région centrale. Trente-six (36) acteurs issus de différents maillons de la chaîne de protection participent, depuis ce mardi 6 octobre 2026 à Sokodé, à un atelier de formation consacré à la protection et à la prise en charge des victimes de VBG. Les travaux, organisés à l’Hôtel Aléhéri, se tiennent sur deux jours dans le cadre du projet « Girls Empowerment ».

L’initiative est portée par le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), en collaboration avec l’ONG Appui au Développement et à la Santé Communautaire (ADESCO) et l’Association Togolaise du Bien-Être Familial (ATBEF), en partenariat avec CARE Bénin/Togo, avec l’appui financier de Foundation for a Just Society International, Ltd.

Une réponse coordonnée face à un enjeu majeur

Les violences basées sur le genre demeurent une préoccupation importante en matière de droits humains, de santé publique et de développement. Elles touchent particulièrement les femmes, les adolescentes et les jeunes filles et peuvent avoir des conséquences durables sur leur santé physique et mentale, leur sécurité, leur autonomie et leur participation à la vie socioéconomique.

Face à cette réalité, les organisateurs rappellent qu’une réponse efficace repose sur une chaîne de protection fonctionnelle, coordonnée et centrée sur les besoins des survivantes. Cette chaîne mobilise notamment les services sociaux et sanitaires, les forces de défense et de sécurité, la justice, les collectivités territoriales ainsi que les organisations de la société civile.

C’est dans cette perspective que cette session de renforcement des capacités a été initiée. Son objectif général est de renforcer les compétences des acteurs afin « d’assurer une prévention efficace, une identification précoce, une prise en charge holistique et une orientation sécurisée des survivantes de VBG, notamment les adolescentes et jeunes filles ».

GF2D, ADESCO et ATBEF misent sur le renforcement des compétences

Pour les organisations impliquées, l’enjeu dépasse la simple acquisition de connaissances. Il s’agit d’améliorer les pratiques, de renforcer la coordination entre les intervenants et de garantir aux victimes une réponse plus cohérente et plus respectueuse de leurs droits.

Au cours de la formation, les participants sont appelés à approfondir leur compréhension des VBG, de leurs différentes formes, de leurs causes et de leurs conséquences. Les sessions portent également sur le cadre juridique et institutionnel de protection, les responsabilités des différents acteurs, ainsi que les principes directeurs d’une prise en charge centrée sur la survivante.

Les travaux abordent par ailleurs l’identification des victimes, l’accueil, l’écoute active, les premiers secours psychologiques, la gestion des révélations de violences, la gestion des cas et le référencement. Une place importante est consacrée à la coordination multisectorielle entre les secteurs de la santé, de la justice, de l’action sociale et les organisations de la société civile.

L’approche retenue est participative et interactive, avec des présentations thématiques, des exercices pratiques, des études de cas, des travaux de groupe et des échanges d’expériences. Un plan d’action local doit également permettre aux participants de traduire les acquis de la formation en mesures concrètes sur le terrain.

La commune Tchaoudjo 1 appelle à une mobilisation collective

À l’ouverture des travaux, le maire de la commune Tchaoudjo 1, représenté par le Secrétaire général de la commune, Monsieur GNAKAGNI Nikabou, a salué la tenue de cette activité et la mobilisation des différents acteurs autour de la protection des personnes vulnérables.

Dans son intervention, Monsieur GNAKAGNI Nikabou a notamment félicité ADESCO pour l’organisation de cette importante activité dans le cadre du projet Girls Empowerment, en collaboration avec ATBEF et GF2D, avec le partenariat de CARE International et l’appui financier de Foundation for a Just Society International. Il a souligné que la diversité des acteurs réunis autour de cette problématique illustre la nécessité d’une réponse collective, coordonnée et durable face aux violences basées sur le genre.

Le représentant du maire a rappelé que les VBG portent atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux et peuvent affecter profondément la santé, la scolarité, l’autonomie économique et la vie familiale des victimes. Pour lui, la commune, en tant que collectivité de proximité, ne peut rester en marge de cette problématique.

Son intervention a également mis l’accent sur un principe essentiel : prévenir et combattre les violences ne suffit pas. Il faut aussi être en mesure d’accueillir, d’écouter, de protéger, d’orienter et d’accompagner correctement les victimes.

« Aucune victime ne doit être abandonnée au milieu de son parcours »

S’adressant aux participants, Monsieur GNAKAGNI Nikabou a insisté sur la responsabilité de chaque maillon de la chaîne de protection. Qu’il s’agisse d’un agent de santé, d’un travailleur social, d’un acteur judiciaire, d’un membre des forces de sécurité, d’un représentant d’une organisation de la société civile ou d’un acteur communautaire, chacun peut jouer un rôle déterminant dans le parcours d’une victime.

Le message de l’autorité communale est sans ambiguïté : une victime qui ose parler doit être accueillie avec respect, celle qui demande de l’aide doit être écoutée sans jugement et celle qui a besoin de protection doit être orientée vers les services compétents. Il a surtout insisté sur la nécessité qu’aucune victime ne soit abandonnée au milieu de son parcours.

Le Secrétaire général, représentant le maire de la commune Tchaoudjo 1, a par ailleurs rappelé que la protection des femmes, des filles et des enfants est une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les services sociaux et sanitaires, la justice, les forces de défense et de sécurité, les établissements scolaires, les organisations de la société civile, les leaders communautaires, les familles et l’ensemble de la population.

36 participants issus de plusieurs secteurs

Les trente-six participants réunis à Sokodé proviennent de plusieurs structures intervenant dans la chaîne de protection, notamment la justice, les forces de l’ordre, les services de santé, la mairie, la chefferie, la Chambre préfectorale de métiers et les organisations de la société civile, aux côtés de représentants de GF2D, ADESCO et ATBEF.

Cette diversité vise à favoriser une meilleure compréhension des rôles et responsabilités de chacun et à améliorer l’articulation des interventions. Les organisateurs veulent notamment renforcer les mécanismes de référencement et d’orientation, la collaboration entre services et la qualité de l’accompagnement proposé aux survivantes.

De la formation aux actions concrètes

À l’issue de l’atelier, les acteurs devront être mieux outillés pour identifier les différentes formes de VBG, accueillir les victimes dans des conditions respectueuses, assurer une orientation appropriée et contribuer à une prise en charge de qualité.

Les travaux doivent également déboucher sur un plan d’action local définissant les principaux défis, les engagements institutionnels, les actions prioritaires et les mécanismes de suivi.

À Sokodé, cette rencontre traduit ainsi une ambition claire : faire de la coordination entre les différents acteurs un levier essentiel pour renforcer la protection des survivantes et particulièrement des adolescentes et jeunes filles.

Plus qu’un atelier de renforcement de capacités, cette initiative entend contribuer à l’installation d’une chaîne de protection plus réactive, plus coordonnée et davantage centrée sur les droits, la dignité, la sécurité et les besoins des victimes.

SOKODEENLIGNE

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