Dans le cadre de la célébration de la journée de la femme, qui a pour thème cette année, ” Leadership féminin : Pour un monde Futur égalitaire dans le monde de la covid19”, La CNDH lance à cet effet une série de sensibilisation sur les médias sur toute l’étendue du territoire

dans ce contexte sokodeenligne a reçu le lundi 08 mars 2021 en en ligne à travers son groupe whatsaps, Madame Dan-ladi BAZA, Cheffe d’antenne de la CNDH région centrale.

voici ci-dessous l’intégralité de l’entretien.

Q1-Madame la cheffe d’antenne, pouvez- vous, avant d’aller dans le vif du sujet, présenter à l’attention de nos chers auditeurs la Commission nationale des droits de l’homme ( CNDH ), en parlant de sa création, ses missions et son mode de saisine, des conditions de recevabilité de la procédure d’instruction de la requête.

R- La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) est créée par la loi n°87-09 du 09 juin 1987 comme un mécanisme national de promotion et de protection des droits de l’homme. Elle a été érigée au rang des institutions de la République par la Constitution du 14 octobre 1992 en son article 152. Aux termes de cet article, la CNDH est une institution indépendante dont les missions et la composition sont fixées par la loi.

En raison de nouvelles exigences relatives à l’organisation et au fonctionnement des institutions nationales de protection et de promotion des droits de l’homme contenues dans les Principes de Paris du 20 décembre 1993, la CNDH a été réorganisée par la loi organique n°96-12 du 11 décembre 1996. 

Pour répondre au point 2.5 des 22 engagements pris par le gouvernement togolais à Bruxelles le 14 avril 2004 relativement au renforcement des institutions de la République, la loi organique n°96-12 du 11 décembre 1996 a été modifiée et complétée par la loi organique N°2005-004 du 09 février 2005.

Suite à la ratification du protocole facultatif relatif à la Convention contre la torture en 2010, le gouvernement a fait le choix d’arrimer le Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP) à la CNDH.

Ainsi, le cadre légal de la CNDH a été révisé par la loi organique N°2018-006 du 20 juin 2018 relative à la composition, à l’organisation et au fonctionnement de la CNDH.

Conformément à l’article 4 de la loi organique, la Commission a pour missions, sur le territoire de la République togolaise de :

  • promouvoir et de protéger les droits de l’homme ;
  • prévenir la torture et autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants dans les lieux de privation de liberté ou tout autre lieu qu’elle aura identifié.

Pour atteindre un plus grand nombre, la Commission s’est rapprochée des populations par l’implantation de cinq (05) antennes régionales à kpalimé, à Atakpamé, à Sokodé, à Kara et à Dapaong.

Dans le cadre de ses missions, la CNDH collabore avec les organisations internationales, les réseaux des INDH auxquels elle est affiliée, les institutions de la République et les départements ministériels, les organisations de défense des droits de l’homme, les autorités administratives et traditionnelles.

Mode de saisine de la CNDH :

CONTRE QUI PEUT-ON AGIR DEVANT LA CNDH ?

Seules les violations des droits de l’homme commises par l’administration ou un agent de l’administration publique dans l’exercice de ses fonctions peuvent être portées à la connaissance de la CNDH. On entend ici par administration tout service public qui relève de l’administration de l’Etat comme les Ministères, les Directions Régionales, les Sociétés d’Etat, la Police, la Gendarmerie, la Douane, l’Armée, etc., ou des démembrements de l’Etat comme la Commune, la Préfecture.

  • QUI PEUT SAISIR LA CNDH ?

Les personnes habilitées à saisir la CNDH sont énumérées à l’article 35 de la loi organique de la CNDH. Il s’agit de :

  • la victime elle-même d’une quelconque violation de droits de l’homme ;
  • Une tierce personne peut saisir la CNDH pour le compte de la victime d’une violation d’un droit de l’Homme. Le requérant n’a pas à prouver qu’il a un intérêt à saisir la CNDH ou qu’il a un lien avec la victime.
  • une organisation de la société civile qui agit dans l’intérêt général ;
  • la Commission elle-même (autosaisine d’office).
  • COMMENT SAISIR LA CNDH ?

La CNDH est saisie par une requête (une demande) c’est-à-dire par un acte adressé au président de la Commission spécifiant la nature de la violation (concerner  une violation d’un droit de l’homme de manière générale ou une violation commise dans un lieu de privation de liberté)

Cette requête peut être écrite ou verbale (orale).

La requête écrite, datée et signée est déposée directement au secrétariat de la CNDH ou envoyée par voie électronique à l’adresse mail : cndhtogo@yahoo.fr , ou via le site internet de la CNDH : www.cndh-togo.org.

La requête orale est présentée au siège de la Commission à Lomé ou au siège de l’une des antennes régionales. Le requérant ou son représentant  se présente pour faire la déposition (ou la déclaration). Cette déclaration est ensuite transcrite puis lue au requérant, qui s’assure de la conformité  de ce texte par rapport à la déposition par lui faite préalablement.

Une organisation de la société civile n’est pas autorisée à présenter une requête orale. Elle ne peut être faite que par la victime elle-même ou une tierce personne.

Toutefois, en cas d’urgence la CNDH peut recevoir des plaintes par coup de fil.

Q2 : Qu’est-ce que la journée internationale des droits de la femme ?

: Connue pendant des décennies comme la « journée internationale de la femme » ou la « journée internationale des droits des femmes », la date du 8 mars est maintenant désignée par plusieurs organisations sous l’appellation « journée internationale des femmes »    .

La journée internationale des femmes est une date charnière du calendrier féministe. Son objectif est de dénoncer les discriminations, les inégalités et les violences vécues par les femmes. C’est également un moment propice à la réflexion et à la recherche de solutions visant à améliorer la condition des femmes, tout en soulignant le chemin parcouru.

Q3 : Quel est l’historique de cette journée ?

R : Cette journée plonge ses racines dans  diverses manifestions  de femmes, dont les luttes ouvrières pour le suffrage universel féminin, en Amérique du Nord et en Europe au tout début du 20èmesiècle.

La véritable origine du 8 mars, journée internationale des femmes, est principalement marquée par deux faits historiques, lawoman’sday en Amérique et la journée des femmes en Europe.

La woman’sday  est une manifestation pour le droit de vote des femmes, organisée par le comité national de la femme du Parti socialiste américain et qui a eu lieu en février 1909. Cette manifestation fut l’une des activités officielles du comité. Elle sera donc annuellement célébrée  aux Etats-Unis jusqu’en 1914.

La journée des femmes en Europe trouve son origine dans la 2ème conférence  internationale des femmes socialistes à Copenhague. Cette conférence fut l’occasion pour les femmes socialistes de proposer l’instauration d’une journée  des femmes qui serait célébrée chaque année pour servir la propagande en vue de l’acquisition de plus de droits en faveur de la femme.

Suite à la résolution de Copenhague, la journée des femmes est célébrée pour la première fois le 19 mars 1911 en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million d’hommes et de femmes ont participé à des rassemblements.

En  1917, les femmes russes passent outre les instructions des militants bolchéviques et manifestent pour réclamer du pain et le retour de leur mari de la guerre. Cet évènement a eu lieu le 08 mars. En guise de commémoration, le président russe Lénine a consacré en 1921, la date du 8 mars journée des femmes.

Depuis, la célébration du 8mars s’est transformée en une activité d’envergure de par le monde entier.

Q4 : Pour commémorer la journée internationale des femmes, la communauté internationale a retenu comme thème cette année, « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ». Selon vous, quelles sont les raisons qui sous-tendent ce choix?

: Ce thème est choisi pour célébrer les incroyables efforts déployés par les femmes et les filles du monde entier afin de façonner un futur et une relance plus égalitaires suite à la pandémie de Covid-19.

Il s’aligne également sur le thème prioritaire de la 65e session de la Commission de la condition de la femme, « Participation pleine et effective des femmes à la prise de décisions dans la sphère publique, élimination de la violence, réalisation de l’égalité des sexes et autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles», ainsi que sur la campagne phare Génération Égalité, qui exige que soit accordé aux femmes le droit de participer au processus décisionnel dans tous les domaines de la vie, qui réclame l’égalité salariale et le partage équitable des tâches familiales et domestiques non rémunérées, et qui appelle à l’élimination de toutes les formes de violence infligées aux femmes et aux filles et à établir des services de santé adaptés à leurs besoins.

Les femmes sont en première ligne face à la crise de Covid-19, en tant que professionnelles de santé, pourvoyeuses de soins, innovatrices, organisatrices communautaires et, pour certaines, en tant que dirigeantes nationales figurant parmi les leaders les plus exemplaires et les plus efficaces dans la lutte contre la pandémie. La crise a mis en évidence l’importance primordiale de la contribution des femmes et le fardeau disproportionné qu’elles portent.

Les femmes dirigeantes et les organisations de femmes ont fait montre de leurs compétences, de leurs connaissances et de leurs réseaux pour mener efficacement des plans de lutte et de relance face à la Covid-19. Aujourd’hui plus que jamais, chacun reconnaît que les femmes apportent des expériences, perspectives et compétences différentes, ainsi que des contributions irremplaçables en faveur de décisions, de politiques et de lois qui fonctionnent mieux et profitent à tous.

La plupart des pays qui ont mieux réussi à contenir la vague de la pandémie de Covid-19 et à répondre à son impact sanitaire ainsi qu’à l’ensemble de ses répercussions socio-économiques sont dirigés par des femmes. Par exemple, les cheffes de gouvernement du Danemark, de l’Éthiopie, de la Finlande, de l’Allemagne, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande et de la Slovaquie ont été largement reconnues pour la rapidité, la détermination et l’efficacité de leur réponse nationale à la Covid-19, ainsi que pour la compassion dont elles ont fait preuve dans leur communication d’informations factuelles sur la santé publique.

Cependant, on ne compte que 20 femmes cheffes d’État et de gouvernement dans le monde.

Outre les obstacles sociaux et systémiques préexistants qui persistent à entraver la participation et le leadership des femmes, de nouveaux obstacles sont apparus avec la pandémie de Covid-19. Partout dans le monde, les femmes sont confrontées à une augmentation de la violence domestique, des tâches de soins non rémunérés, du chômage et de la pauvreté. Bien que les femmes représentent la majorité des travailleurs de première ligne, elles sont représentées de manière disproportionnée et inadéquate dans les espaces politiques nationaux et mondiaux en lien avec la Covid-19.

Ce thème est donc également choisi afin de défendre les droits des femmes et de tirer pleinement parti du potentiel du leadership des femmes en matière de préparation et d’intervention face à la pandémie.

Q5: Comment la communauté internationale commémore-t-elle la journée des femmes ?

R : L’ONU œuvre cette année pour que les perspectives des femmes et des filles dans toute leur diversité soient intégrées dans la formulation et la mise en œuvre des politiques et des programmes dans tous les domaines et à tous les stades des plans de lutte et de relance mis en place dans le cadre de la pandémie.

Un Forum dénommé« Génération Égalité » est organisé par ONU Femmes et co-présidé par les gouvernements français et mexicain, en partenariat avec la jeunesse et la société civile. Le Forum débutera à Mexico en mars et aboutira à Paris en juin.

Dans le cadre de l’initiative du Forum Génération Égalité, les coalitions d’action définiront et conduiront des engagements catalytiques pour accélérer la mise en œuvre de l’égalité entre les femmes et les hommes.

25 ans après la Conférence mondiale historique de Beijing sur les femmes, aucun pays n’a encore atteint une pleine égalité entre les hommes et les femmes. La pandémie de COVID-19 a exacerbé ce manque de progrès, aggravant ainsi la pauvreté des femmes et augmentant la prévalence des actes de violence domestique et d’autres formes de violence. Ensemble, les coalitions d’action s’efforcent de garantir que la COVID-19 n’entraîne pas un recul des acquis durement obtenus par les femmes et de faire en sorte que l’égalité entre les femmes et les hommes soit au centre des préoccupations actuelles et futures des programmes de relance post COVID.

Q6 : Depuis  l’année passée, la journée internationale des femmes se déroule dans un contexte marqué par la  crise sanitaire liée à la Covid-19. Comment la CNDH célèbre-t-elle cette journée cette année ?

: La CNDH commémore aujourd’hui cette importante journée à Lomé et dans antennes régionales.

A Lomé, cette journée sera commémorée en léger différé le 11 mars 2021. Elle sera marquée par une rencontre avec les femmes syndicalistes pour débattre du thème retenu par la communauté internationale.

Dans l’antenne de la Kara, une activité de sensibilisation à l’intention des femmes est prévue tandis que  femmes et  des hommes seront entretenus à Bitchenga, dans le Tône, antenne régionale des Savanes.

Q7 : Quelles sont les actions menées par les femmes dans la lutte contre la Covid ?

:  Il convient de souligner que les femmes sont en première ligne face à la crise de Covid-19, en tant que professionnelles de santé, pourvoyeuses de soins, innovatrices, organisatrices communautaires et, pour certaines, en tant que dirigeantes nationales figurant parmi les leaders les plus exemplaires et les plus efficaces dans la lutte contre la pandémie. La crise a mis en évidence l’importance primordiale des contributions des femmes et le fardeau disproportionné qu’elles portent.

Les femmes dirigeantes et les organisations de femmes ont fait montre de leurs compétences, de leurs connaissances et de leurs réseaux pour mener efficacement des plans de lutte et de relance face à la Covid-19. Aujourd’hui plus que jamais, chacun reconnaît que les femmes apportent des expériences, perspectives et compétences différentes, ainsi que des contributions irremplaçables en faveur de décisions, de politiques et de lois qui fonctionnent mieux et profitent à tous.

Outre les obstacles sociaux et systémiques préexistants qui persistent à entraver la participation et le leadership des femmes, de nouveaux obstacles sont apparus avec la pandémie de Covid-19. Partout dans le monde, les femmes sont confrontées à une augmentation de la violence domestique, des tâches de soins non rémunérés, du chômage et de la pauvreté. Bien que les femmes représentent la majorité des travailleurs de première ligne, elles sont représentées de manière disproportionnée et inadéquate dans les espaces politiques nationaux et mondiaux en lien avec la Covid-19.

Afin de défendre les droits des femmes et de tirer pleinement parti du potentiel du leadership des femmes en matière de préparation et d’intervention face à la pandémie, les perspectives des femmes et des filles dans toute leur diversité doivent être intégrées dans la formulation et la mise en œuvre des politiques et des programmes dans tous les domaines et à tous les stades des plans de lutte et de relance mis en place dans le cadre de la pandémie.

Au Togo comme partout dans le monde la femme continue d’œuvrer pour l’éradication du Covid-19 dans sa communauté. En effet, près de 70 % du personnel médical est composé de femmes. Nombre d’entre elles sont des sages-femmes, infirmières ou agents de santé communautaire, des places qui leur ont permis de gérer avec succès la crise dû à la pandémie de Covid-19 dans le pays. 

A cela s’ajoute le fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA Togo), une agence internationale de développement qui fait la promotion des droits de chaque femme et enfant, à jouir d’une vie de bonne santé et d’égal accès aux opportunités à travers ses vaillantes dames a appuyé les efforts de 13 centres d’écoute dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) au Togo. Elle a mis à la disposition de ces centres, du matériel et des équipements composés de 26 dispositifs de lave-mains, 156 litres de savons liquides, 156 litres de gel hydroalcooliques et 15.000 bavettes.

Q8- Quelles ont été les actions de la CNDH en lien avec le covid-19 ?

R : Dans le contexte de la COVID-19, la CNDH a créé en son sein un observatoire des droits de l’homme chargé de répertorier tous les cas de violation des droits de l’homme en lien avec la gestion de l’urgence sanitaire afin de faire des recommandations à l’Etat pour une meilleure protection des droits de l’homme en cette période d’exception.

Les antennes régionales qui sont les points focaux, sont aussi mises à contribution. Elles recensent et transmettent à l’observatoire, les allégations de violation des droits de l’homme collectées durant cette période.

Il faut noter que la commission a enregistré des allégations de violation des droits de l’homme sur lesquels l’observatoire a fait des interventions.

La CNDH a également organisé plusieurs activités à l’endroit de différents acteurs impliqués dans la lutte contre la Covid 19. En effet, elle a : 

–          sensibilisé à Lomé et à Kara, la FOSAP sur la notion d’état d’urgence et sur le respect des libertés fondamentales en période d’exception ;

–          organisé à Lomé une journée de réflexion à l’attention des acteurs de l’éducation sur l’encadrement des apprenants en période de COVID-19 ;

–          célébré la journée internationale des droits de l’homme à Aného autour de l’idée de reconstruction après la COVID-19 afin d’atténuer les effets néfastes de la pandémie sur les populations ;

–          sensibilisé les populations au respect des droits de l’Homme en période de couvre-feu.

Nous rappelons que la CNDH est dirigée par une femme.

Q9-Comment tendre alors véritablement vers une égalité de sexe ?

R-Comme définie tantôt, l’égalité de sexe est le principe selon lequel les hommes et les femmes devraient recevoir un traitement égal et ne devraient pas être victimes de discriminations basées sur leur appartenance à l’un ou l’autre sexe.  Elle prévoit une égalité en droit et dans des situations sociales, comme le fait de recevoir un salaire égal pour un travail égal.

C’est la conviction que tout le monde devrait recevoir un traitement égal et ne pas être discriminé en fonction de son sexe.

R10-Quelles peuvent être les causes de l’inégalité de sexe et comment y remédier ?

R-Les causes de l’inégalité de chance entre l’homme et la femme sont nombreuses Malgré les progrès considérables accomplis en vue de parvenir à l’égalité hommes-femmes, certains facteurs semblent empêcher ce phénomène de prendre de l’ampleur ; il est cité entre autres :

–          Le genre et les traditions : En raison de leur sexe, les filles ont des obligations sociétales et familiales qui les empêchent d’étudier et travailler pour être indépendantes financièrement. Cela s’explique par l’influence des familles qui confirment que la femme doit  rester soumise à l’homme, qu’elle est faite pour le foyer ; ainsi va la coutume en Afrique.

–          La pauvreté : Les familles pauvres méconnaissent l’importance de l’éducation des filles. Elles préfèrent envoyer leurs garçons faire des études ou pour apprendre un métier, en ignorant leurs filles.

–          Les tâches domestiques : On impose aux filles de s’occuper de la cuisine, du ménage et des enfants au lieu de faire des études et travailler pour subvenir à leurs besoins.

–          Les mariages et les grossesses précoces : Mariée de force trop jeune et mère, une jeune fille n’aura pas le temps ni les moyens d’étudier.

–          Les distances d’accès, l’insécurité et les violences : Abusées sur le trajet menant à l’école, les jeunes femmes préfèrent rester à la maison en sécurité au détriment de leurs études et d’un métier.

–          L’orientation scolaire et le choix des filières : Vues à tort par la société comme généralement moins compétentes, les filles sont moins susceptibles de se faire former à des métiers porteurs, valorisés et rémunérateurs, que les garçons.

Divers acteurs doivent être impliqués dans la recherche des approches de solution àl’inégalité de sexe.

Pour permettre à la population de savoir que les femmes ont les mêmes droits que les hommes, il faut la sensibilisation. Les femmes doivent se retrouver en associations. Ces associations doivent périodiquement organiser des activités de sensibilisation à l’endroit des populations sur les droits des femmes. Les femmes doivent être accompagnées par des hommes qui sont convaincus de la nécessité d’accorder tous les droits aux femmes. Aussi, elles doivent :

–          encourager la scolarisation des enfants et surtout de la jeune fille ;

–          sensibiliser les parents sur le maintien de leur fille a l’école ;

–          choisir des filières rentables et en fonction de la demande sur le marché de l’emploi ;

–          faire un plaidoyer pour l’application des lois sur l’égalité entre hommes et femmes par le législateur ;

–          lutter contre le stéréotype sexiste du genre la femme est faite pour le foyer ;

–          Promouvoir le partage des tâches domestiques entre garçons et filles ;

–          mettre en place des programmes de lutte contre cette inégalité.

-Mesures à prendre par le gouvernement pour corriger cette inégalité

–          renforcer les lois et politiques pour lutter contre les violences à l’égard des femmes, et notamment multiplier la création de centres d’écoute et mettre en place des programmes de sensibilisation,

–          éliminer les obstacles à l’éducation des filles et des femmes, notamment : leur maintien dans le système éducatif par l’octroi de bourses d’études, sensibiliser les populations sur la nécessité de la scolarisation obligatoire des filles et mettre en place des cours pour adultes destinés à réduire le fort taux d’analphabétisme féminin,

–          favoriser l’accès à l’emploi pour les femmes et leur participation dans les sphères publiques et politiques, notamment : instaurer des quotas pour augmenter la présence des femmes dans la fonction publique, la magistrature, le corps diplomatique et à tous les postes de prise de décision et le nombre de femmes candidates présentées par les partis politiques aux diverses élections,

–          assurer à toutes les femmes un accès à des soins de santé, y compris des services de soins obstétriques et de planification familiale, les sensibiliser aux effets néfastes des grossesses précoces, en particulier dans les zones rurales et assurer une meilleure prise en charge des personnes infectées, notamment les femmes,

–          assurer l’accès des femmes à la justice notamment poursuivre et condamner les auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes, réaliser des campagnes de sensibilisation et de formation pour améliorer le niveau d’information des femmes sur leurs droits, ainsi que du personnel de police, de santé,  et de justice.

Pour le Professeur en Economie, Kako NOUBOUKPO, les mesures concrètes à prendre au Togo pour réaliser la parité homme-femme doivent aller dans le sens de celles qui assurent une égalité des opportunités et une égalité des résultats. A ce titre, dit-il, « l’accès équitable des femmes et des hommes à la terre, à l’emploi et au financement, va permettre au Togo d’accroître sensiblement le niveau de la croissance économique ».

Q11-A ce sujet, le Togo n’a-t-il pas déjà pris de mesures significatives ?

R-Bien sûr que oui. Il  s’agit, entre autres, de :

– la ratification du Protocole de Maputo sur les droits des femmes en Afrique le 26 octobre 2005 ;

– l’adoption en 2007 d’une loi sur la santé de la reproduction qui prohibe, notamment, le viol, les mariages et grossesses précoces et forcés, l’exploitation et le harcèlement sexuels ;

– l’adoption, dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, de mesures spéciales, telles que la baisse des frais de scolarité pour les filles et l’institution de quotas d’entrée pour les femmes dans des secteurs traditionnellement réservés aux hommes, comme la police, le service des eaux et forêts et l’armée ;

– l’adoption en 2013 d’une loi créant aide juridictionnelle ;

-l’adoption de la loi N°2012-014 du 06 juillet 2012 portant Code des Personnes et de la Famille modifiée et complétée par la loi organique N°2014-019 du 17 novembre 2014 ;

– l’adoption en 2015 du nouveau code pénal.

Q12: Que fait la CNDH en dehors de la journée internationale pour garantir et protéger les droits de la femme ?

R : Le Secrétariat général de la Commission Nationale des Droits de l’Homme dispose en son sein d’une division dénommée « Femmes, enfants et autres groupes spécifiques ».

L’une des missions de cette division est de promouvoir et de protéger les droits de la femme. Elle initie des activités de sensibilisation à l’endroit des femmes,  encourage les initiatives féminines, accompagne les femmes victimes d’une quelconque violation de leurs droits et émet des avis sur les requêtes relevant de son domaine de compétence.

Q13 : Peut-on affirmer que la femme joue un rôle important au sein de notre communauté aujourd’hui ?

R : La femme a toujours joué un rôle très important au sein de toute communauté. Elle est souvent à la base de plusieurs initiatives indispensables à la bonne marche des affaires de la cité. 

De nos jours, nous pouvons affirmer avec fierté qu’il est presque dépassé le temps où les femmes étaient essentiellement confinées dans les tâches ménagères. Lentement mais sûrement, elles progressent dans tous les secteurs d’activité.

Les femmes sont de plus en plus représentées dans les grandes instances décisionnelles de notre pays et mettent ainsi leurs compétences au service du développement national.

Q14: Quel est le message de la CNDH à l’endroit des femmes à l’occasion de la célébration de cette journée ?

: La CNDH invite la femme togolaise en général et celle de la région des Plateaux en particulier à saisir et à faire un excellent usage de l’opportunité qui  lui est aujourd’hui offerte  de participer de façon effective au développement  de la cité surtout en ces moments de crise sanitaire.

Les femmes doivent donc sans hésitation, mettre leur savoir-faire au service de leurs communautés afin d’être en phase avec les nouvelles exigences liées à la gestion de la cité.

Q15 : Votre mot de fin

R : Nous tenons à remercier les animateurs de la présente émission, pour avoir offert à la CNDH l’opportunité de s’adresser à la population à l’occasion de la célébration de la journée internationale des femmes.

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